Sécurité routière 2016 : année noire

sr_clignotantLa dernière séance du conseil des Mobilités de la Ville de Rennes, auquel Rayons d’action siège en tant que représentant des usagers du vélo, a été l’occasion d’une présentation du bilan de la sécurité routière de l’année 2016 sur le territoire rennais.

Les chiffres sont catastrophiques dans leur ensemble (+23% de victimes, 8 tués contre 0 en 2015) et plus particulièrement pour les cyclistes, qui représentent 16% des victimes et qui seront 4 à perdre la vie cette année.

Au delà de ce tragique bilan, il est plus intéressant de méditer les conditions, les causes et les responsabilités de ces accidents.

Pour les cyclistes, 90% des accidents ont lieu de jour, à 81% sur route sèche. Le scénario principal concerne une collision automobiliste/cycliste lors de changements de direction imputable dans ce scénario à 70% à une infraction présumée incombant à l’automobiliste, contre 17% au cycliste.

En clair, prenez garde aux automobilistes qui tournent à droite et grillent la priorité aux cyclistes circulant de leur bon droit dans la bande cyclable. Au moindre doute, ne le doublez pas !

La situation est critique à Rennes mais également plus globalement en Bretagne (plus fortement qu’en moyenne nationale), l’ampleur de la dégradation du non-respect des règles est préoccupant :

  • dépassements réguliers de la vitesse sur le boulevard d’Armorique à +40 voire + 50km/h par rapport à la vitesse autorisée selon la Police Nationale
  • 20 délits de fuite en 2016 sur Rennes
  • 250 véhicules confisqués en 2016 en Ille et Vilaine

Face à cela, nous avons fait part aux forces de l’ordre de nos regrets sur la communication faite autour de récentes actions de contrôle des cyclistes, qui a conduit à une stigmatisation de ces derniers, alors que leur responsabilité n’est que très peu engagée statistiquement.

Si nous ne remettons pas en cause la légitimité de ces contrôles des règles par les cyclistes et en particulier celles qui leur permettent d’être bien visibles des autres usagers (Cyclistes, brillez !), nous avons déploré l’absence de communication et de répression sur les comportements dangereux des automobilistes (stationnement très gênants, non utilisation des clignotants, portable au volant, …), qui eux conduisent malheureusement à tant d’accidents sur les plus vulnérables.

La mobilisation actuelle des forces de l’ordre sur d’autres missions ne laisse malheureusement pas espérer d’évolutions favorables de ce coté…

80% des accidents ayant lieu sur le réseau artériel (ne représentant qu’environ 30% du linéaire de voirie), il faut se poser la question du type d’aménagements cyclables qui doivent être réalisés sur ces axes très fréquentés.

Plus largement le partage actuel de l’espace public interroge, quand on sait que 40% des 1,5 millions de  déplacements quotidiens dans la Métropole font moins d’un kilomètre et que ces courts trajets sont réalisés dans 30% des cas en voiture… Une distance où, sauf exceptions, la voiture n’est en aucun cas pertinente, pas seulement en terme environnemental mais surtout de praticité et de vitesse !