Rennes: la place de Bretagne va se refaire une cyclabilité

C’est une vieux souhait de Rayons d’Action qui est en passe de s’exaucer… La ville de Rennes a voté lors de son conseil municipal lundi 12 septembre un avant-projet de piste bidirectionnelle sur les pourtours de la place de Bretagne. La piste fera le tour de cet endroit redouté des cyclistes par des aménagements jusqu’alors défectueux. Elle permettra la liaison sécurisée entre la place Foch, le boulevard de la Tour d’Auvergne, le boulevard de la Liberté, le quai de la Prévalaye. Sa construction au premier semestre 2018 entraînera la suppression d’une voie de circulation automobile. La piste sera dotée d’un compteur à vélos, qui fournira vraisemblablement le nombre de cyclistes quotidiens et annuels et assurera à l’ensemble une belle visibilité. De quoi redonner un peu de prestige à une ville qui a longtemps été pionnière en matière de vélo. Le coût des travaux est estimé à 750 000 euros et la livraison interviendra à l’été 2018.

 

Comme le met en avant la ville dans sa communication, ce tronçon est l’un des premiers du futur réseau express vélo qui doit courir sur 16 km dans la ville d’ici 2020 – avec le tronçon presque achevé du boulevard de Chézy et celui en construction autour du programme immobilier de l’Îlot de l’Octroi (rue de Lorient et rue Louis Guilloux).

Nous vous tiendrons au courant des avancées et des négociations autour de cet avant-projet, puisque suite à des réunions nous avons déjà souligné des manquements au référentiel et des problèmes de continuité avec le reste du réseau à aménager dans le cadre du plan vélo 2020.

A lire : l’article de 20 minutes, par Camille Allain.
Crédit photos : C. Allain / APEI / 20 Minutes

Lettre ouverte à Bertrand Plouvier suite au conseil municipal du 12 septembre

Hier, lors du vote du réaménagement de la place de Bretagne, l’opposition a voté pour – comme tout le conseil d’ailleurs – mais en a profité pour ressortir ses vieilles obsessions (voir l’extrait vidéo dans le lien ci-dessous). Comme notre association existe aussi pour battre en brèche les idées reçues et les poncifs sur le vélo et plus globalement la mobilité, nous réagissons à l’intervention de Bertrand Plouvier, chef de file (LR) de l’opposition municipale suite à la présentation de l’avant-projet par l’élue adjointe à la mobilité (EELV) Sylviane Rault. Cette intervention est visible en vidéo en cliquant sur l’image ci-dessous :

Non, M. Plouvier, on ne peut pas construire des « véloroutes urbaines » (voies express, pistes XL, appelez-les comme vous voulez) en ne réduisant pas pour cela l’espace de stationnement et de circulation automobile. Attirer davantage d’automobilistes en centre-ville n’a jamais permis et ne permettra jamais de mettre en œuvre un report des usagers vers le vélo. D’ailleurs, pour reprendre les dires du chercheur Frédéric Héran : « Le stationnement sur voirie représente une appropriation de l’espace public à des fins privées. En laissant sa voiture des heures le long du trottoir – ou en stationnement illicite sur le trottoir –, l’automobiliste utilise pour lui seul un espace qui appartient à tout le monde et interdit donc tout autre usage de cet espace ».
Si vous aviez obtenu la majorité en 2014 et mis en place un programme d’aménagements cyclables, M. Plouvier, vous auriez fatalement supprimé des espaces de stationnement.
A moins que vous ne préfériez supprimer des trottoirs ?
Pour en savoir plushttp://www.slate.fr/story/140771/supprimer-stationnement-automobile-rue

Non, M. Plouvier, les double-sens cyclables ne sont pas dangereux et sont très appréciés par une écrasante majorité de cyclistes. Ils sont parfois moins efficaces que prévus, à cause justement d’espaces de stationnement envahissants, en partie dans les rues du centre historique. Mais ils permettent de réduire efficacement les temps de parcours des cyclistes, et ne causent quasi pas d’accident, encore moins grave. Aucun décès de cycliste n’est survenu ces deux dernières années dans un double-sens cyclable, à titre d’exemple. Ils existent à Strasbourg, ville pionnière, depuis 1983 (!) et à Rennes depuis 1994 et n’ont pas fini de se généraliser. Ce qui est vraiment dangereux, c’est d’être confronté à une circulation automobile rapide et volumineuse.
Pour en savoir plus ▶ https://www.heureux-cyclage.org/non-les-double-sens-cyclables-ne.html

Non, M. Plouvier, on ne peut pas parler de « chasse à la voiture » à Rennes ces dernières décennies. Rennes a suivi, avec un décalage par rapport à des métropoles comme Grenoble, Strasbourg ou Bordeaux, un processus entamé partout en France depuis 30 ans. Ce qui se produit est un simple rééquilibrage, et l’urgence est d’accélérer ce rééquilibrage pour rattraper le retard de progression des aménagements que vous avez évoqué. L’automobile représente aujourd’hui moins de la moitié des déplacements à Rennes (en suivant la tendance de la dernière EMD) et bénéficie de 60 à 70% de la voirie, alors que l’usage du vélo augmente fortement. La requalification des rues, boulevards et places va dans le sens de l’histoire et la tendance des autres métropoles, qu’elles soient gérées par la droite ou la gauche. La « guerre à la voiture » fait doucement rigoler et tousser les cyclistes quotidiens confrontés à des stationnements très gênants à longueur de journée et des comportements irréfléchis.
Pour citer encore F. Héran : « Il est évident que nous vivons aujourd’hui une transition du « tout automobile » – où la priorité est accordée à la voiture en toute circonstance – vers la rue pour tous – partagée entre différents modes de déplacements ».
Pour en savoir plus ▶ http://www.telerama.fr/sortir/en-2030,-il-y-aura-plus-de-velos-que-dautos-dans-paris,n5196342.php

S’il y a une petite révolution à venir d’ici 2040, M. Plouvier, elle viendra très certainement davantage des citoyens cyclistes et piétons que de l’arrivée de la voiture électrique, qui, soit dit en passant, ne résout rien aux problèmes des limites écologiques (ressources disponibles), des embouteillages et de la faible pertinence de la voiture en ville. Si l’essor de l’autopartage et du covoiturage a bien lieu (et il a du mal à se montrer pour l’instant), alors tant mieux. Cela accélérera la déprise automobile et permettra de rendre aux piétons et aux cyclistes un espace dont ils ont besoin et dont ils manquent cruellement.

Bref, il n’est pas inutile de rencontrer les représentants des usagers (et cela vaut pour tous les partis politiques sans exception) pour éviter ce genre d’approximations et de contre-vérités ! Au plaisir de vous croiser à vélo, cher M. Plouvier !

Le réseau express vélo métropolitain (REV)

Une solution indispensable pour améliorer la qualité de vie et la circulation de tous les modes

Rayons d’Action salue l’annonce, par Emmanuel Couet, Président de Rennes Métropole, d’un réseau cyclable de haute qualité, dit Réseau Express Vélo, dans le cadre du futur PDU (Plan de Déplacements Urbains).

L’association souhaite s’inscrire de manière constructive dans la conception de ce réseau en apportant son expérience d’usage.

Le document de position ci-dessous présente les renseignements essentiels du travail de la Commission Aménagements. Il se fonde sur une analyse fine du contexte local, une enquête dédiée (>300 réponses) et un travail de plusieurs mois.

C’est avec plaisir et engagement que Rayons d’Action souhaite porter à connaissance du plus grand nombre ces éléments de cadrage, pour faire de cette annonce politique une réussite opérationnelle au bénéfice du plus grand nombre.

Version pdf du document de position

Vite, une procédure claire de concertation !

crédit photo : Ouest France

Fin mars 2017, constatant d’importants travaux sur la rue de Nantes (réfection canalisation), notre antenne Jacquolandine s’est interrogée sur l’intégration d’aménagements cyclables sur cet axe majeur, à cheval entre Rennes et St Jacques. Suite à l’envoi d’un courrier, une réunion nous est proposée le 27 avril pour en discuter. Première avancée, car nous apprenons qu’aucun aménagement cyclable n’était prévu si nous n’étions pas montée au créneau…

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Avenue des Pays-Bas – Rayons d’Action réceptionne les nouvelles bandes cyclables avec des interruptions

Une voirie reconfigurée sur un axe principal du Plan Vélo 2020

L’avenue, dans sa partie sud, est notée comme structurante dans le Plan Vélo 2020 de la Ville de Rennes (catégorie des sections à aménager). L’axe structurant se prolongera par la rue Pierre Le Moine. L’axe relie le centre-ville et Sainte-Thérèse au Blosne, à l’Hôpital Sud, à l’écomusée de la Bintinais, Noyal-Châtillon-sur-Seiche, Saint-Erblon, Bourgbarré et Orgères.

Avant ce réaménagement l’Avenue des Pays-Bas se composait de deux chaussées à sens unique. Chacune de ces chaussées était dotée d’une bande cyclable continue entre les deux rond-points. La nouvelle configuration dans le cadre du projet urbain du Blosne entraine la mise en double sens de la chaussée ouest avec deux bandes cyclables. Les bandes sont interrompues au droit d’un îlot central.

Appréciation globale

L’aménagement des bandes cyclables fait partie de la requalification de l’avenue et de sa mise à double sens.

Dans l’ensemble les bandes respectent la majorité des exigences du livret technique.

L’îlot semble d’une largeur excessive, l’interruption de la bande cyclable rend la circulation cyclable dangereuse et est à même d’empêcher les cyclistes non aguerris d’emprunter l’axe.


Dans cette situation le référentiel prévoit a minima le marquage d’un cédez-le-passage pour matérialiser la priorité de cyclistes. Le plus simple serait de maintenir la bande cyclable de chaque côté en réduisant la largeur de l’ilot et en utilisant les espaces latéraux.

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Un nouveau bypass sur le boulevard Léon Grimault

Un aménagement de quelques mètres pour traiter une zone de conflits

Le boulevard qui fait partie du « barreau d’évitement » de l’hypercentre de Rennes qui permet de relier les quartiers sud (Poterie, Landry, Francisco Ferrer, Blosne, Binquenais, …). Il fait partie du réseau structurant du plan vélo et se trouve déjà dans sa configuration finale.

Le bypass, c’est-à-dire, une voie parallèle à la chaussée principale qui permet de contourner un obstacle, se trouve en face du centre commercial Le Landel. Il permet de ne pas prendre le risque de se faire coincer dans les chicanes.

Appréciation globale

Ce bypass permet de relier les bandes cyclables en amont et en aval de la chicane en face du centre commercial Le Landrel. La présence des potelets dissuade le stationnement aux entrées et sorties du bypass.

Ce petit aménagement améliore nettement la circulation des cyclistes sur le boulevard. Continuer la lecture de Un nouveau bypass sur le boulevard Léon Grimault

Des nouvelles bandes cyclables et un nouveau couloir bus+vélo Rue de Châteaugiron – Rayons d’Action les a réceptionné

Les nouveaux aménagements de la rue de Châteaugiron

200 m d’aménagements au sud du carrefour avec le boulevard Villebois-Mareuil

La rue de Châteaugiron court de l’extrémité sud de la rue Saint-Hélier jusqu’à Chantepie, c’est la liaison la plus rapide entre cette commune et Rennes. Elle est aménagée pour les cyclistes sans entrer dans le réseau structurant du plan vélo 2020.

La  nouvelle section analysée par Rayons d’Action  se trouve entre le boulevard Villebois-Mareuil et le groupe scolaire Châteaugiron-Landry. Le nouvel aménagement (environ 200m par sens) se compose d’une bande cyclable puis d’un couloir bus+vélo en direction du centre-ville de Rennes et d’une bande cyclable en direction de Chantepie.

 

Appréciation globale

Ensemble très satisfaisant, à part quelques problèmes de marquage au sol comme la protection par rapport au stationnement  sur une petite partie de la bande cyclable (mais il y a la place nécessaire pour le faire) et une absence d’indication d’une bande cyclable avant l’arrêt de bus dans le sens nord – sud. Le dépassement des bus à l’arrêt par les voitures est possible malgré une disposition contraire dans le livret technique.

L’aménagement est exemplaire pour le bon état du revêtement, de largeur des bandes cyclables et couloirs bus+vélo et la matérialisation de la trajectoire des cyclistes par des chevrons.

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Rayons d’Action réceptionne les pistes et bandes du Boulevard Villebois-Mareuil

Le nouvel aménagement du boulevard de Villebois-Mareuil

Ce boulevard fait partie du réseau structurant et est le seul point de passage de la voie ferrée pour les cyclistes reliant les quartiers sud-est et nord-est de la ville. Le pont ferroviaire constitue un passage étroit et cette traversée était jugée dangereuse par la plupart des cyclistes avant l’aménagement. Les contraintes de place sous le pont ont été traitées en ouvrant aux cyclistes la zone piétonne.

Appréciation globale

Le nouvel aménagement améliore grandement le confort d’utilisation de ce boulevard par les cyclistes, et il suit presque parfaitement les recommandations du référentiel entre le pont ferroviaire et le giratoire. On note même une amélioration constituée par le séparateur en pavés à relief ondulé à la sortie du pont ferroviaire (sens nord-sud). On regrette la présence d’un seuil au niveau du franchissement de la rue Arthur Fontaine.

Pavés à relief ondulé à la sortie du pont ferroviaire

On déplore cependant que le carrefour avec l’avenue Chardonnet n’ait pas été amélioré, il présente deux problèmes : une boucle de détection pour déclencher le feu qui ne repère pas les cyclistes, et un sas presque entièrement effacé.

De même le traitement du giratoire aurait pu être amélioré : il manque une ligne éloignant la bande cyclable de la bordure et amenant les cyclistes dans le champ de visibilité des autres utilisateurs. De plus, on constate que tous les véhicules motorisés empiètent largement sur la bande cyclable à l’entrée du boulevard de Villebois-Mareuil direction sud. Une séparation franchissable mais bruyante en cas de chevauchement (comme près du pont) ou infranchissable aurait pu être mise en place.

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Rayons d’Action réceptionne la piste du Boulevard de Chézy

Le nouvel aménagement du boulevard de Chézy, passage Saint-Cast, quai Saint-Cast

Une nouvelle piste de la Place Foch à la Rue Noël du Fail

La nouvelle piste bidirectionnelle relie la Place Foch à la Rue Noël du Fail (près du pont Legraverand) dans les deux sens. Grâce à cet aménagement, il est possible d’utiliser le passage Saint-Cast et le quai Saint-Cast (hors rampe vers la rue de Brest) dans les deux sens.

L’axe emprunté constitue un des itinéraires structurants du plan «Vélo Rennes 2020» qui permettra de relier l’écluse du Mail (près de la Place de Bretagne), l’ouest du centre-ville (Vieux Saint-Etienne, Les Lices, Portes Mordelaises), l’école d’architecture, l’auberge de jeunesse et les prairies Saint-Martin, et, au-delà, Saint-Grégoire et le nord de la métropole.

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Notre RDV avec Nathalie Appéré

En juin 2016 nous sollicitions un rendez-vous auprès de Mme Appéré pour connaitre plus en détail les modalités de mise en œuvre du plan vélo voté à l’unanimité du conseil municipal de novembre 2015.
Le 2 mars 2017, elle nous a enfin reçus en compagnie de Sébastien Sémeril, 1er adjoint délégué à l’urbanisme et au développement durable et Sylviane Rault, 4ème adjointe déléguée à la mobilité.

Mme la Maire a nous assurés la pleine mobilisation de la Ville pour le développement de la pratique du vélo et constate des évolutions sans précédent :

  • au niveau politique, avec le plan vélo voté à l’unanimité du conseil municipal et parfaitement budgété, la démarche Rennes 2030, les orientations du futur PDU
  • au niveau des services, avec une culture vélo qui aurait fortement progressée
  • au niveau de la méthode, avec la mise en place du Conseil des Mobilités et du guide technique des aménagements cyclables

Nous restons malgré tout circonspects sur la réalité de la mise en œuvre de ce plan vélo, en particulier devant l’inadéquation entre les moyens alloués, le rythme de réalisation des aménagements et l’objectif fixé (ndlr 20% de part modale vélo en 2020, soit plus que Strasbourg).

Nous avons profité de cette rencontre pour réitérer nos demandes relatives à la concertation sur les projets d’aménagements cyclables, afin de mieux tenir compte des attentes des usagers du vélo, ce qui a paru évident à nos interlocuteurs en pleine démarche de « Fabrique Citoyenne ».

De la même manière, nous avons renouvelé notre demande d’accès à la liste des projets d’aménagements à venir, afin de pouvoir être force de proposition sur ces derniers, comme nous avons pu le faire sur le boulevard de Chézy par exemple. Cela nous permettrait également d’assurer notre devoir de vigilance citoyenne sur la bonne tenue des engagements pris par la Ville dans le cadre de son plan vélo (ndlr ~100 km d’aménagements cyclables structurants d’ici 2020).

Si Mme la Maire a pu reconnaitre notre travail et nous faire part du plein engagement de la Ville pour l’atteinte de l’objectif ambitieux (20% part modale vélo en 2020) qu’elle a souhaité fixer, nous espérons que nos demandes (méthodologie de concertation, programmation des aménagements à venir), jusqu’ici restées sans suite, deviennent enfin réalité. Des réponses nous sont promises d’ici l’été, à suivre !