Communiqué de presse – Concertation sur les espaces publics : faisons de Rennes une ville apaisée

La ville de Rennes, par les voix de Mme la Maire Nathalie Appéré et de son premier adjoint
M.  Sébastien Sémeril, a annoncé le lancement d’une grande concertation pour imaginer les futurs
espaces publics du centre-ville. Cette volonté d’ouvrir le débat se produit dans le cadre de
la réalisation de grands projets urbains : gare de Rennes, place Sainte-Anne, place des Lices,
aménagement des abords des futures stations de la ligne B du métro…

Rayons d’Action constate avec beaucoup d’élus et de concitoyens le vieillissement des espaces
publics de la ville et approuve sans retenue l’organisation de ce moment de réflexion. Le plateau
piétonnier n’a quasiment pas évolué depuis sa création en 1982, si ce n’est son extension dans quelques rues. Nos espaces publics ne répondent plus du tout aux usages et aux besoins
des Rennais.es, et doivent se moderniser : les quais, les places comme celle du Champ Jacquet, Toussaints ou Commeurec mais aussi celles plus prestigieuses de la République et du Parlement de Bretagne. Nous encourageons tous les cyclistes et plus généralement tous ceux qui souhaitent une ville plus apaisée à faire connaître leurs attentes pour les aménagements à venir.

Faire du parking Vilaine un nouvel espace public

Rayons d’Action se félicite que, contrairement à ce qui était encore annoncé l’an dernier, le parking Vilaine sera au centre de l’attention dans les mois à venir, et non après 2020. Sur le chemin entre la gare et l’office de tourisme, l’une des premières visions du visiteur aujourd’hui à Rennes est celle de cette dalle de bitume couvrant plus de 6000 m2, véritable “aspirateur à voitures”. Des parkings de dissuasion, construits entre les années 1980 et 2000 dans ou aux abords immédiats de ce parking,
ne sont complets qu’à quelques occasions dans l’année. Le maintien du parking, à moins de 500m de ceux des Lices et de Chézy-Dinan, ne se justifie plus avec l’augmentation de la fréquentation des
piétons et des cyclistes. Rayons d’Action est partisan de la suppression de ce parking, que ce soit pour le découvrement du canal, ou pour la transformation de la dalle en espace public.

La suppression du parking Vilaine contribuerait à la diminution du trafic de transit sur les quais nord, de la même manière que le trafic de transit a été supprimé au profit des bus sur le quai Lamennais, au sud, il y a 20 ans. Les piétons et les cyclistes bénéficieraient enfin de l’espace qui leur fait
défaut aujourd’hui. Mais le seul parking Vilaine ne peut pas être l’arbre qui cache la forêt des chantiers à mener pour diminuer à la fois le volume et la vitesse des véhicules. Comme la création
d’aménagements cyclables continus et sécurisés, la modération de la circulation constitue l’un des principaux leviers pour conforter la pratique existante du vélo et l’amplifier.

Permettre une meilleure intégration des cyclistes dans le centre de Rennes

Pour éviter que les cyclistes ne continuent à se frayer un chemin parmi les bus sur les quais sud et pour offrir de meilleures conditions de déplacements à vélo et à pied, Rayons d’Action recommande l’ouverture de vélorues. Expérimenté à Strasbourg depuis un an, ce dispositif permet de donner la priorité aux cyclistes sur une section courante de chaussée, tout en autorisant les véhicules
motorisés des riverains et des livreurs à circuler à vitesse modérée
. Dans une vélorue, il est ainsi
interdit pour un automobiliste de doubler un cycliste par mesure de sécurité et de confort.
Ces aménagements, inventées en Allemagne dès les années 1980, sont aussi monnaie courante aux Pays-Bas, au Danemark et depuis quelques années en Belgique. Elles sont la plupart du temps de couleur rouge et dotées d’un marquage spécifique.

Rayons d’Action préconise l’implantation de deux vélorues : une sur les quais nord (axes est-ouest) et une autre sur les rues de l’axe nord-sud concernées par la suppression de la circulation des bus. Ces vélorues seraient tout naturellement reliées aux nouvelles pistes en site propre déjà réalisées ou en projet, par exemple boulevard de Chézy, place de Bretagne et avenue Janvier.

Nos espaces publics ne permettent pas actuellement d’envisager de « lâcher la main de nos enfants », constate à juste titre Mme Appéré. L’aménagement de vélorues permettrait de réduire l’espace des chaussées dans ces rues et d’élargir les trottoirs, favorisant donc dans le même temps l’usage de la marche, la sécurité et la liberté de déplacement des enfants. En n’autorisant qu’une fraction des véhicules actuellement en circulation, nul besoin de chaussées aussi larges qu’aujourd’hui. Pour autant, piétonniser ou transformer en zone de rencontre l’ensemble du centre-ville n’apparaît pas comme une solution envisageable : elle n’est pas à la hauteur de l’objectif affiché par la municipalité d’atteindre les 20% de déplacements à vélo.

L’absence d’aménagements cyclables clairs, assumée lors du réaménagement du Mail François Mitterrand, a été préjudiciable pour la continuité des itinéraires. Il faut tirer des enseignements de
ce manquement pour ne pas reproduire ce type d’erreur à l’avenir. L’efficacité des déplacements
à vélo, dans un centre-ville où précisément ils se concentrent, ne peut être assurée que par des aménagements lisibles et rassurants. Il serait contre-productif de vouloir inciter les cyclistes à contourner le centre étant donné que plusieurs axes structurants de circulation passent par celui-ci. De véritables aménagements donnant la priorité aux cyclistes par rapport aux autres véhicules motorisés sont d’autant plus indispensables que les lignes de métro, de bus et la marche ne peuvent à eux seuls contribuer à la diminution de la circulation automobile, à la réduction des embouteillages et à la vitalité du centre. Même si la progression de ces modes est indispensable, Rennes a besoin du vélo pour atteindre ses ambitions en matière de report modal, de qualité de l’air et de qualité du cadre de vie face au changement climatique.

Rayons d’Action, une association engagée pour le développement du vélo

Rayons d’Action est l’association de cyclistes du quotidien qui oeuvre pour le développement de la pratique du vélo dans l’agglomération rennaise. Créée en 2005, l’association connait actuellement une dynamique importante et compte 840 adhérents (dernière AG de 2017).
Les bénévoles de l’association interviennent régulièrement auprès de Rennes Métropole et la Ville de Rennes pour faire part des propositions de l’association, échanger sur des projets à venir et résoudre des points noirs sur des aménagements existants. Rayons d’Action détient une véritable expertise d’usage et technique sur l’intégration du vélo dans la ville, les espaces publics et la modération du trafic et de la vitesse automobile. Des activités aussi diverses que la Fête du Vélo, le marquage de vélos (BICYCODE®), la Semaine de la Mobilité et la campagne « Cyclistes, brillez ! » complètent l’agenda de l’association et sont autant d’occasions d’y adhérer.

 

Rennes apaisée : demain, les quais retrouvés.
2018 VS. 2030

> Vue des «quais» depuis la place de la République actuellement (photographie) (© D.R.)
La place de la République, repère par excellence du centre-ville, marque la jonction entre le nord et le sud, l’ouest et l’est. Malgré un réaménagement au début des années 2000, les bus et les voitures y occupent toujours un espace considérable et la place reste très accidentogène, notamment pour les piétons et les cyclistes. Depuis les années 1960, le parking Vilaine, à l’ouest de la place, vient complètement dissimuler la présence du canal et de l’eau.

> Vue des quais depuis la place de la République en 2050 (vue d’artiste) (© F. Le Villain pour Rayons d’Action)
En 2030, les Rennais.es redécouvrent leur fleuve dans le coeur de la ville et partent à sa reconquête grâce à une ligne de tramway sur l’axe est-ouest, des passerelles, des terrasses et des jardins flottants et même une piscine dans la Vilaine. Le transit des véhicules motorisés a disparu au profit de trottoirs généreux et d’une vélorue ouverte aux riverains et aux livreurs.

 

Rennes apaisée : demain, une place du Champ Jacquet vivante

2018 VS. 2030

> Vue sur la place du Champ-Jacquet actuellement (photographie) (Google Street View)
Petite place triangulaire bordée de ses célèbres immeubles à pans de bois, la place du Champ-Jacquet a perdu de son charme au fil des ans faute de mise en valeur des lieux. Le passage incessant des bus en a fait un carrefour de circulation redouté par les piétons et les cyclistes.

> Vue sur la place du Champ-Jacquet (vue d’artiste) (© F. Le Villain)
En 2030, la place du Champ-Jacquet s’est métamorphosée en un véritable espace public, au bénéfice des flâneurs et des visiteurs. La vélorue de l’axe nord-sud, courant de la rue de Nemours à la rue d’Antrain, s’intègre harmonieusement dans la place.

 

Quelques exemples de vélorues en Europe

>> Retrouvez le communiqué de presse en PDF